Côte d’Ivoire: 9% VAT on Fertilizer Inputs Reshapes Sector Dynamics
Market News – Analyse sectorielle
La réforme fiscale introduite par la Loi de Finances 2026 en Côte d’Ivoire marque une évolution significative pour le secteur des engrais. Depuis le 17 janvier 2026, les intrants entrant dans la fabrication des engrais ainsi que leurs emballages sont désormais soumis à une TVA réduite de 9 %, mettant fin au régime d’exonération antérieur.
Initialement appelée à s’appliquer au taux de droit commun de 18 %, la mesure a été aménagée afin d’atténuer son impact immédiat sur la filière. Elle traduit néanmoins un changement structurel dans l’approche fiscale des intrants agricoles.
Une réforme dans un contexte de forte dépendance aux importations
La Côte d’Ivoire ne disposant pas de production primaire d’engrais minéraux, l’ensemble des matières premières est importé avant d’être formulé localement par des unités de mélange. En 2024, le pays a importé plus de 570 000 tonnes d’engrais, composées principalement d’urée, de chlorure de potassium (KCL), de NPK et de phosphates.
Cette dépendance structurelle aux marchés internationaux rend la filière particulièrement sensible aux fluctuations des prix mondiaux, aux coûts logistiques et désormais à la fiscalité intérieure.
Impact potentiel sur les coûts et la compétitivité
L’introduction de la TVA, même à taux réduit, pourrait entraîner une augmentation progressive du coût des intrants pour les industriels et, par effet de chaîne, une pression sur les prix de vente aux producteurs.
Or, le niveau d’utilisation des engrais en Côte d’Ivoire, estimé à environ 43,8 kg/ha, reste en deçà de l’objectif continental de 50 kg/ha fixé par la Déclaration d’Abuja. Toute hausse des coûts pourrait ainsi ralentir la dynamique d’intensification agricole, particulièrement chez les petits exploitants.
Dans le même temps, les autorités ivoiriennes ont affiché une ambition forte : tripler la production et la distribution d’engrais certifiés d’ici 2034. La cohérence entre politique fiscale et objectifs agricoles constitue donc un enjeu central.
Un équilibre délicat entre mobilisation fiscale et soutien au secteur
La mise en place d’un taux réduit à 9 % témoigne d’une volonté d’aménager la transition et d’éviter un choc brutal pour la filière. Toutefois, la réforme pose plus largement la question de l’harmonisation fiscale dans l’espace régional.
Alors que des initiatives communautaires, notamment au sein de l’UEMOA, encouragent la réduction des droits de douane et la facilitation des échanges d’intrants agricoles, l’introduction de nouvelles charges fiscales nationales peut créer des distorsions de compétitivité entre pays voisins.
Lecture sectorielle
Pour le marché régional des engrais, l’enjeu dépasse le seul cadre ivoirien. Il s’agit de préserver :
- L’accessibilité financière des intrants pour les producteurs ;
- La compétitivité des unités locales de formulation ;
- La cohérence des politiques agricoles et fiscales dans l’espace communautaire.
La vigilance sera donc essentielle afin que l’évolution du cadre fiscal ne compromette ni les objectifs d’intensification agricole, ni la stabilité du marché régional des intrants.
